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Classes 6 et 7 du plan comptable dz SCF

Loyer, salaires, factures clients, intérêts bancaires, IBS… Chaque dinar qui entre ou qui sort de votre entreprise finit dans une ligne de comptabilité. Et pour tout ce qui touche à votre activité de l’année, cette ligne commence par un 6 ou par un 7.

Les classes 6 et 7 du plan comptable algérien sont les deux classes qui calculent votre résultat : la classe 6 regroupe les comptes de charges, la classe 7 les comptes de produits. Bien les comprendre, c’est savoir lire votre compte de résultat, vérifier le travail de votre comptable et éviter les erreurs qui faussent votre bénéfice… et donc vos impôts.

Plan comptable SCF Algérie : le plan comptable algérien en 7 classes

En comptabilité algérienne, le plan comptable n’est plus le PCN de 1975. Depuis le 1er janvier 2010, toutes les entreprises appliquent le plan comptable SCF (système comptable financier), institué par la loi n° 07-11 du 25 novembre 2007. La liste des comptes et leurs règles de fonctionnement sont fixées par l’arrêté du 26 juillet 2008, publié au Journal officiel n° 19 du 25 mars 2009.

Bon à savoir : vous cherchez le plan comptable algérien en PDF ? La seule version qui fait foi est ce Journal officiel, en français. La nomenclature complète des comptes se trouve aux pages 39 à 45 (classes 6 et 7 : pages 43 à 45). Les fichiers Excel qui circulent en ligne sont pratiques, mais vérifiez toujours qu’ils reprennent bien les numéros et intitulés officiels.

Le texte répartit les comptes de la comptabilité générale en deux familles :

  • Les comptes de situation (classes 1 à 5) : ils décrivent ce que l’entreprise possède et ce qu’elle doit à une date donnée. Ils alimentent le bilan.
  • Les comptes de gestion (classes 6 et 7) : ils enregistrent ce que l’entreprise a consommé et gagné pendant l’exercice. Ils alimentent le compte de résultat.
ClasseIntitulé officielÉtat financier
1Comptes de capitauxBilan
2Comptes d’immobilisationsBilan
3Comptes de stocks et encoursBilan
4Comptes de tiersBilan
5Comptes financiersBilan
6Comptes de chargesCompte de résultat
7Comptes de produitsCompte de résultat

Bon à savoir : le cadre des comptes à deux chiffres (60, 61, 62…) est obligatoire pour toutes les entités, quelle que soit leur taille. À l’intérieur, vous pouvez ouvrir toutes les subdivisions utiles (6131, 6132…). La nomenclature à trois chiffres est, elle, « proposée » par le texte.

Classe 6 du plan comptable algérien : les comptes de charges

La classe 6 enregistre tout ce que l’entreprise consomme ou dépense pour fonctionner pendant l’exercice : achats, loyers, salaires, impôts, intérêts, amortissements. Un compte de charge se débite.

CompteIntitulé officiel (SCF)Exemples concrets
60Achats consommésMarchandises revendues, matières premières, eau, électricité, fournitures non stockées
61Services extérieursSous-traitance, loyers, entretien, assurances, documentation
62Autres services extérieursHonoraires, publicité, transport, déplacements, téléphone, frais bancaires
63Charges de personnelSalaires, cotisations sociales, œuvres sociales
64Impôts, taxes et versements assimilésImpôts et taxes hors impôt sur le bénéfice
65Autres charges opérationnellesRedevances de logiciels, créances irrécouvrables, amendes, dons
66Charges financièresIntérêts d’emprunt, pertes de change
67Éléments extraordinaires (charges)Expropriation, catastrophe naturelle
68Dotations aux amortissements, provisions et pertes de valeurAmortissement d’un véhicule, provision pour client douteux
69Impôts sur les résultats et assimilésIBS, impôts différés

Compte 60 « Achats consommés »

Le compte 60 regroupe les achats de marchandises vendues (600), de matières premières (601), d’autres approvisionnements (602), la variation des stocks (603), les achats d’études et prestations (604), les achats non stockés (607) et les frais accessoires d’achat (608). Les rabais, remises et ristournes obtenus vont au 609.

Attention : l’eau, l’électricité et les fournitures qui ne passent pas par un magasin vont aussi en 60, et non en 61 ou 62. C’est ce que prévoit expressément l’arrêté.

Comptes 61 et 62 « Services extérieurs »

Ces deux comptes enregistrent toutes les charges externes autres que les achats. Le texte reconnaît lui-même qu’il n’y a « pas de distinction précise » entre les deux : le 62 existe simplement parce qu’un seul compte ne suffisait pas. Ils figurent d’ailleurs sur la même ligne du compte de résultat.

  • 61 : sous-traitance (611), locations (613), charges locatives (614), entretien et maintenance (615), assurances (616), études (617), documentation (618).
  • 62 : personnel extérieur (621), honoraires de votre comptable ou avocat (622), publicité (623), transports (624), déplacements et réceptions (625), poste et télécoms (626), frais bancaires (627), cotisations (628).

Compte 63 « Charges de personnel »

Rémunérations du personnel (631), y compris celles des dirigeants, cotisations aux organismes sociaux (635), autres charges sociales comme la cantine (637). Pour un exploitant individuel, sa propre rémunération va au 634 et ses charges sociales au 636.

Compte 64 « Impôts, taxes et versements assimilés »

Ce compte reçoit les impôts et taxes à la charge de l’entreprise : taxes sur rémunérations (641), taxes non récupérables sur le chiffre d’affaires (642), autres impôts et taxes (645).

Attention : l’impôt sur les bénéfices ne va jamais au 64. L’arrêté est explicite : il est inscrit au compte 69. Quant à la TVA que vous récupérez, ce n’est pas une charge : elle reste en classe 4 (compte 445).

Comptes 65 à 69 : opérationnel, financier, extraordinaire et impôt

  • 65 Autres charges opérationnelles : redevances de logiciels et licences (651), moins-values de cession d’immobilisations (652), jetons de présence (653), créances irrécouvrables (654), amendes, pénalités et dons (656).
  • 66 Charges financières : intérêts (661), pertes de change (666), pertes sur cessions d’actifs financiers (667).
  • 67 Éléments extraordinaires : réservé à des « circonstances exceptionnelles », par exemple une expropriation ou une catastrophe naturelle imprévisible.
  • 68 Dotations aux amortissements : amortissements, provisions et pertes de valeur, débités en contrepartie des comptes 28, 29, 39, 49…
  • 69 Impôts sur les résultats : l’IBS dû par la société (695), les impôts différés (692, 693), ainsi que la participation éventuelle des salariés aux résultats.

Classe 7 du plan comptable algérien : les comptes de produits

La classe 7 enregistre tout ce que l’entreprise gagne pendant l’exercice : ventes, subventions, produits financiers, reprises de provisions. Un compte de produit se crédite.

CompteIntitulé officiel (SCF)Exemples concrets
70Ventes de marchandises et de produits fabriqués, ventes de prestations de service et produits annexesVotre chiffre d’affaires
72Production stockée ou déstockéeVariation du stock de produits finis et d’encours
73Production immobiliséeUn logiciel ou un bâtiment réalisé par l’entreprise pour elle-même
74Subventions d’exploitationSubvention d’équilibre, aides à l’exploitation
75Autres produits opérationnelsPlus-values de cession, indemnités d’assurance, redevances perçues
76Produits financiersDividendes reçus, intérêts, gains de change
77Éléments extraordinaires (produits)Événements exceptionnels non liés à l’activité
78Reprises sur pertes de valeur et provisionsProvision devenue sans objet
79(Disponible)–

Bon à savoir : il n’y a pas de compte 71 dans le SCF algérien. Si vous voyez un 71 dans votre balance, c’est probablement un réflexe hérité du plan comptable français.

Compte 70 « Ventes » : votre chiffre d’affaires

Les ventes sont enregistrées hors TVA collectée et nettes des rabais, remises et ristournes accordés (709). Les subdivisions officielles :

  • 700 Ventes de marchandises (commerce, revente en l’état)
  • 701 à 703 Ventes de produits finis, intermédiaires, résiduels (industrie)
  • 704 Vente de travaux (BTP) et 705 Vente d’études
  • 706 Autres prestations de services (consultants, agences, freelances en société…)
  • 708 Produits des activités annexes (locations diverses, frais de port refacturés, mise à disposition de personnel…)

Vous pouvez subdiviser librement : ventes locales / export, par gamme de produits, par régime fiscal.

Comptes 72 et 73 : la production qui n’est pas (encore) vendue

Le 72 enregistre la variation du stock de produits fabriqués par l’entreprise (solde créditeur si le stock augmente, débiteur s’il baisse). La variation des stocks de marchandises et matières va, elle, au 603.

Le 73 sert quand l’entreprise construit une immobilisation pour elle-même. Les charges sont d’abord passées en classe 6, puis le coût de production est crédité au 73 et inscrit à l’actif. Résultat : l’investissement ne vient pas réduire votre bénéfice de l’année.

Comptes 74 à 78 : subventions, autres produits, financier, reprises

  • 74 Subventions d’exploitation : subventions d’équilibre (741) et autres (748).
  • 75 Autres produits opérationnels : redevances perçues (751), plus-values de cession (752), quote-part de subventions d’investissement virée au résultat (754), rentrées sur créances amorties (756), indemnités d’assurance (757).
  • 76 Produits financiers : dividendes (761), revenus des actifs financiers (762), gains de change (766).
  • 77 Éléments extraordinaires : même logique que le 67, à n’utiliser qu’exceptionnellement.
  • 78 Reprises : quand une provision ou une perte de valeur passée en 68 « s’avère sans objet ».

Exemples d’écritures avec les comptes de classe 6 et 7

Quatre opérations courantes pour une EURL de services. La TVA est au taux normal de 19 %. On utilise ici les subdivisions usuelles du compte 445 « État, taxes sur le chiffre d’affaires ».

1. Vous facturez une prestation de 500 000 DA HT

CompteDébitCrédit
411 Clients595 000
706 Autres prestations de services500 000
445 TVA collectée95 000

2. Vous recevez la facture de maintenance informatique : 40 000 DA HT

CompteDébitCrédit
615 Entretien, réparations et maintenance40 000
445 TVA déductible7 600
401 Fournisseurs de stocks et services47 600

3. Votre banque prélève 3 500 DA de frais de tenue de compte

CompteDébitCrédit
627 Services bancaires et assimilés3 500
512 Banques comptes courants3 500

4. En fin d’année, vous amortissez votre matériel informatique : 120 000 DA

CompteDébitCrédit
681 Dotations aux amortissements – actifs non courants120 000
2818 Amortissement autres immobilisations corporelles120 000

Vous le remarquez : la classe 6 est toujours au débit, la classe 7 toujours au crédit. La contrepartie est dans les classes 2 à 5.

Compte de résultat : valeur ajoutée, excédent brut d’exploitation (EBE) et résultat net

À la clôture, tous les comptes 6 et 7 sont soldés dans le compte 12 « Résultat de l’exercice ». Si les produits dépassent les charges, le compte 12 est créditeur : c’est un bénéfice. Dans le cas contraire, c’est une perte.

Mais le SCF ne se contente pas d’un simple « produits moins charges ». Le compte de résultat par nature fait apparaître des soldes intermédiaires, construits directement à partir des comptes 60 à 78. Exemple pour une EURL de conseil :

Ligne du compte de résultatComptesMontant (DA)
Chiffre d’affaires706 000 000
+ Variation de stocks, production immobilisée, subventions72, 73, 740
I. Production de l’exercice6 000 000
− Achats consommés60400 000
− Services extérieurs et autres consommations61, 621 100 000
II. Consommation de l’exercice1 500 000
III. Valeur ajoutée d’exploitation (I − II)4 500 000
− Charges de personnel632 400 000
− Impôts, taxes et versements assimilés64100 000
IV. Excédent brut d’exploitation (EBE)2 000 000
+ Autres produits / − autres charges opérationnelles75 / 65− 50 000
− Dotations / + reprises68 / 78− 300 000
V. Résultat opérationnel1 650 000
VI. Résultat financier76 − 66− 150 000
VII. Résultat ordinaire avant impôts1 500 000
− Impôts sur les résultats (IBS)69390 000
Résultat extraordinaire77 − 670
Résultat net de l’exercice→ 121 110 000

Chiffres fictifs, à titre d’illustration. L’IBS est calculé sur le résultat fiscal, après réintégrations et déductions, et non directement sur le résultat comptable.

Ces soldes ne sont pas qu’un exercice de style. La valeur ajoutée mesure la richesse que vous créez. L’EBE montre si votre activité est rentable avant amortissements, intérêts et impôts. C’est souvent le premier chiffre que regarde un banquier.

Les 6 erreurs les plus fréquentes sur les classes 6 et 7

  1. Passer l’IBS en 64. L’impôt sur les bénéfices va au 69. Le 64, c’est pour les autres impôts et taxes.
  2. Enregistrer un ordinateur ou un véhicule en charge. Un bien durable que vous utilisez sur plusieurs années est une immobilisation (classe 2). C’est son amortissement qui passe en 68, année après année.
  3. Enregistrer les ventes TTC. Le compte 70 se crédite hors TVA. La TVA collectée est une dette envers l’État (compte 445), pas un produit.
  4. Copier le plan comptable français. En France, le 63 correspond aux impôts et le 64 au personnel : c’est l’inverse en Algérie. Et le compte 71 n’existe pas dans le SCF.
  5. Utiliser le 67 ou le 77 pour « tout ce qui est exceptionnel ». Une amende, une indemnité d’assurance ou une créance perdue relèvent des comptes 65 et 75. Les éléments extraordinaires sont réservés aux événements du type expropriation ou catastrophe naturelle.
  6. Confondre 603 et 72. La variation des stocks de marchandises et matières va au 603 (charges). Seule la production stockée de vos propres produits va au 72.

Petites entités : faut-il vraiment tenir les classes 6 et 7 ?

Le SCF prévoit une comptabilité simplifiée de trésorerie, fondée sur les encaissements et les décaissements, pour les petites entités. Un arrêté du 26 juillet 2008 fixe les seuils. Pour y avoir droit, l’entité ne doit dépasser aucun d’eux pendant deux exercices successifs :

ActivitéChiffre d’affaires maximumEffectif maximum
Commerciale10 millions DA9 salariés à temps plein
Production et artisanale6 millions DA9 salariés à temps plein
Prestation de service et autres3 millions DA9 salariés à temps plein

Au-delà de ces seuils, la comptabilité d’engagement complète s’impose, avec ses classes 6 et 7 et son compte de résultat. Vous hésitez sur votre régime fiscal ? Lisez notre comparatif IFU ou régime réel : quel régime choisir.

En résumé

Classe 6Classe 7
NatureComptes de chargesComptes de produits
SensDébitCrédit
Comptes60 à 6970, 72 à 78 (pas de 71, 79 disponible)
ExemplesAchats, loyers, salaires, impôts, intérêts, amortissements, IBSVentes, subventions, produits financiers, reprises
État financierCompte de résultat, puis solde dans le compte 12
Texte de référenceArrêté du 26 juillet 2008 (JO n° 19 du 25 mars 2009)

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